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L’humanitaire est confronté à des situations de plus en plus complexes et imprévisibles, où les besoins des populations affectées par les crises sont immenses et diversifiés. Pour répondre efficacement à ces besoins, les organisations humanitaires ont besoin de disposer d’informations fiables, pertinentes et actualisées sur les contextes, les risques, les vulnérabilités et les capacités des personnes qu’elles assistent.

La collecte des données est donc une activité essentielle pour l’humanitaire, qui permet de planifier, de mettre en œuvre, de suivre et d’évaluer les programmes et les projets. Elle permet également de rendre compte des résultats obtenus, de renforcer la transparence, la redevabilité et le dialogue avec les parties prenantes, et de capitaliser les connaissances et les bonnes pratiques.

Toutefois, la collecte des données n’est pas sans risques ni sans défis. Elle implique de traiter des données personnelles, c’est-à-dire des informations qui permettent d’identifier directement ou indirectement une personne physique. Ces données sont souvent sensibles, car elles peuvent révéler des aspects intimes ou délicats de la vie des personnes, tels que leur état de santé, leur origine ethnique, leur religion, leur orientation sexuelle, etc.

La protection des données personnelles est donc un enjeu majeur pour l’humanitaire, qui doit respecter le droit à la vie privée et à la dignité des personnes qu’il assiste. Il doit également garantir la sécurité et la confidentialité des données qu’il collecte, stocke, transfère et utilise, afin d’éviter qu’elles ne soient détournées, piratées ou utilisées à des fins malveillantes.

Pour relever ces défis, les organisations humanitaires doivent se doter de normes, de procédures et de compétences adaptées à la protection des données personnelles. Elles doivent également se tenir informées des évolutions technologiques qui offrent de nouvelles opportunités pour la collecte des données, mais qui posent aussi de nouvelles questions éthiques et juridiques.

Parmi ces technologies, on peut citer le Big Data, qui désigne l’analyse de grandes quantités de données provenant de sources variées et hétérogènes. Le Big Data peut permettre d’obtenir des informations en temps réel sur les situations humanitaires, d’anticiper les besoins et les risques, d’améliorer la coordination et la prise de décision. Mais il peut aussi entraîner des biais, des erreurs ou des discriminations, s’il n’est pas utilisé avec rigueur et précaution.

D’autres technologies innovantes sont également utilisées dans l’humanitaire pour la collecte des données, telles que la blockchain, l’intelligence artificielle, l’apprentissage automatique ou les réseaux sociaux. Ces technologies présentent des avantages potentiels, mais aussi des limites et des risques qu’il faut évaluer avec soin.

Pour aider les organisations humanitaires à se repérer dans ce domaine complexe et évolutif, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et le Brussels Privacy Hub ont publié la seconde édition du Manuel sur la protection des données dans l’action humanitaire. Ce manuel fournit des indications pratiques pour l’interprétation et l’application des principes de protection des données dans le contexte humanitaire, en particulier lorsque de nouvelles technologies sont en jeu. Il s’adresse au personnel humanitaire impliqué dans le traitement des données personnelles dans le cadre des opérations humanitaires.

La collecte des données est donc un défi et une opportunité pour l’humanitaire. Elle nécessite une approche responsable, éthique et professionnelle, qui respecte les droits et les intérêts des personnes concernées. Elle requiert également une veille permanente sur les innovations technologiques, qui peuvent apporter une valeur ajoutée à l’action humanitaire, mais qui doivent être utilisées avec discernement et prudence.